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lundi 11 avril 2011

Sacralité du couple

Article initialement publié sur breven.free.fr, le 20/07/2008.

Suite à un débat auquel j'ai participé récemment, j'en suis venu à m'interroger sur le caractère sacré du couple gay.

Certains disaient clairement qu'un couple d'hommes ou de femmes ne pouvait recevoir de bénédiction pour la simple raison que deux individus du même sexe ne peuvent pas procréer (ah bon ?). Cette remarque m'a interpellé vivement. Stupeur et tremblements derrière mon écran. Les couples ne seraient donc bénis que dans le seul but de se reproduire ? En effet, selon cet argument, créer la vie, c'est être sacré, c'est s'inscrire dans un cycle naturel. Je m'en viens à m'interroger. C'est quoi, en fait, être sacré ?

Mircea Eliade, célèbre historien des religions, utilise le mot de "hiérophanie", que l'on pourrait définir comme un objet de notre monde, manifestation du sacré, objet matériel désignant un objet spirituel. Il écrit dans ''Le Sacré et le profane'' : "Les arbres sacrés ne sont pas adorés en tant que tels ; ils ne le sont justement que parce qu'ils sont des hiérophanies, parce qu'ils “montrent” quelque chose qui n'est ni pierre ni arbre, mais le sacré, le ganz anderes."

Une idée s'impose alors d'elle-même. Les couples, sans distinction sexuelle, ne peuvent être que sacrés, puisqu'ils sont l'incarnation même d'un phénomène divin. Que peut-il y avoir de plus sacré que l'amour ? C'est le principe même de la vie.

En réalité, le paganisme d'aujourd'hui croit qu'il est de bon ton de se dire ouvert à tout, adogmatique, tout en rejetant tout ce qui ne correspond pas à la norme d'une société judéo-chrétienne. Non, s'entourer de bonnes paroles ne défait pas un dogme. Se prétendre libre, ce n'est pas être libre. "J'aime tout le monde, mais tout le monde doit être comme moi". Belle notion de tolérance. Les arguments "naturels", qui s'avèrent sans fondements pour ceux qui s'intéressent un peu à la zoologie ou à l'histoire,  ne sont que des prétextes.

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