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vendredi 9 septembre 2011

Invocation et évocation à Dionysos




La différence entre évocation et invocation est claire dans le vocabulaire anglais. En français, on évoque comme on se remémore et on invoque les dieux. Pourtant, il y a une plus nette différence. L'évocation consiste à appeler la divinité en dehors de soi, l'invocation à l'intérieur de soi, à se fondre dans la divinité.

C'est en travaillant sur ces différences pour mes cours de l'Arcanorium College que j'ai pu élaborer et travailler les rituels suivants, qui, espérons-le, en inspireront d'autres que moi.



I. Évocation


Je choisis de travailler avec Dionysos pour libérer ce qui, en moi, est enchaîné.

Mantra: IO, EVOHE !
Sons : musique tribale, tambours
Odeur : Encens boisé, cèdre.

J'allume mes bougies, l'encens, me centre et bannis.
Je lis un appel à Dionysos, basé sur les Hymnes Homériques (musique : Dead Can Dance, Ariadne).

« Je commence par chanter Dionysos couronné de lierre, bruyant, glorieux fils de Zeus et de l’illustre Sémélè, et que nourrissaient les Nymphes aux beaux cheveux, l’ayant reçu du Père-Roi, dans leur sein. Et elles le nourrirent avec tendresse dans les vallées de Nysè, et il grandit, par la volonté de son père, dans un antre odorant, et il était au nombre des Immortels.
Mais les Déesses l’ayant élevé pour être très loué, alors il parcourut les solitudes boisées, couronné de lierre et de laurier. Et les Nymphes l’accompagnaient, et il les conduisait, et le bruit de leurs pieds enveloppait l’immense forêt.
Et je te salue ainsi, ô Dionysos riche en raisins ! Donne-nous de recommencer les Heures, pleins de joie, et d’arriver par celles-ci à de nombreuses années !
»

J'allume la bougie que j'ai préparé pour représenter la présence du dieu.

Je demande : « Comment me libérer de mes fers ?
- Fais comme je fais ! Suis-moi ! »

Je me déshabille, et commence à frapper sur mon tambour. Je sens sa présence, puis danse avec lui. IO, EVOHE ! IO, EVOHE ! Je me sens ménade, dansant, nu, et frappant des mains.

Je bénis un verre de vin et une grappe de raisin que je déguste en son honneur. « Que je sois empli de joie, là où j'étais empli de peur. »

Je suis plein de joie et de tension sexuelle. La vie est un jeu, ce rituel est un jeu.

Quand l'excitation retombe, j'arrête la musique et remercie Dionysos. Puis, je bannis.


II. Invocation


J'utilise le même procédé pour l'invocation, à la différence que la divinité est appelé en moi, à travers moi, et non plus comme un interlocuteur extérieur.

Sons : musique tribale, tambours
Odeur : Encens boisé, cèdre.


J'allume mes bougies, l'encens, me centre et bannis.

Une fois encore, je récite le texte basé sur les Hymnes Homériques et allume la bougie de Dionysos. Je pointe l'athamé sur ma poitrine, tout en lisant les mots de Dionysos, selon le texte de Philentheos. Je sens un impulsion soudaine d'énergie lorsque la lame me touche.

Je resens sa présence, je suis lui, habité par lui. Je ne danse plus avec lui, mais comme lui, au sons des tambours... Pas réellement « comme lui », c'est plutôt comme s'il dansait à travers moi. Je chante pour la liberté, l’extase et le plaisir. J'en perds la notion du temps.

Ma danse est très chthonienne, très terrestre. Mes pieds frappent le sol, épicentre de mes tremblements de terres, mes ondes se propagent dans toutes les directions.

Je bénis une coupe de vin "pour la liberté et l’extase" et du raisin "pour le plaisir et la sensualité".

Mon invocation aura duré plus d'une heure.

Je remercie Dionysos et bannis. Et bannis encore. Et brûle encore quelques feuilles de sauges pour nettoyer l'espace.

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