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mardi 23 juillet 2013

Entrouvrir l'Univers



Adolescent, alors que je me vantais d'être entouré d'amis très chers, mon père m'a défié : "Demande-leur de te prêter du fric et on verra qui sont ces prétendus amis !" On ne parlait pas de sentiments dans ma famille. On parlait d'argent, de signes extérieurs de richesses, de corps minces et bronzés. On parlait de sexe aussi, mais de ce sexe utilisé comme une arme, comme un outil de pouvoir ; on évalue l'importance d'un homme par le nombre de ses conquêtes. Les histoires d'amour n'existaient que dans les romans à l'eau de rose. Sans surprise, mon premier compagnon était plein aux as, avait une grosse voiture et... voilà à peu près tout ce que l'on peut dire de lui. Mais le but de cet article n'est pas de narrer par le menu ma vie sentimentale ("siiiiiii !" hurlent probablement  en chœur Siduri et Hédéra).

Jusqu'à ce qu'Aphrodite me mette une claque derrière la tête récemment (oui, elle fait ça), je pensais que le mariage concluait l'histoire. "Elle commence à peine, banane !" auraient été Ses mots. Voilà ce que l'on apprend : "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. Fin." On ne dit pas : "ils s'unirent et leur amour entrouvrit l'Univers." L'Amour est la voie royale pour rencontrer la Déesse. Pour certains mystiques, l'union avec l'Ange Gardien est le premier pas vers le Divin (j'en parle déjà ici). Il s'agit du premier point du Pentacle de Perle de la tradition Feri, la même énergie que le Sexe du Pentacle de Fer, à une autre amplitude. "L'Amour est la seule Loi" nous rappelle tonton Crowley. Nos représentations nous empêchent de voir plus loin que le bout de nos nez, ce n'est pas nouveau. Mais, à moins de se présenter à Miss Pays-de-Prout-Machin, qui avoue que l'Amour est sa seule vérité ?

Parler d'amour n'a rien de fleur bleue ou de fluffy. La passion et les grands sentiments ne sont pas à réserver aux ados qui hurlent "Robeeeeeeeeeeeeert !" devant Twilight. Mon amour est révolutionnaire. Il tape du poing sur la table et gueule : "Je vous aime, bordel !" Mon amour ne se contente pas des limites que l'on tente de lui imposer (toi aussi, homme fauché, je vais t'aimer ! Et merde, Papa !) ou des normes sociétales. Et tant pis si je passe pour un joyeux hippie.

Bien sûr, la rose arbore toujours l'épine, mais son parfum vaut bien quelques gouttes de sang. Qu'il est triste le chemin de celui qui n'ose se piquer ! Concédons ce qu'il faut, passons pour des hippies, ou des ados boutonneux, mais ne crachons pas dans la soupe. Bref, aimez et que votre amour soit contagieux. Il est temps de jouer au jeu le plus fun de l'Univers.

N'oubliez pas que je vous aime, bordel !

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