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jeudi 7 novembre 2013

Pratique, manifestation et NaNoWriMo



Tous les novembres a lieu le NaNoWriMo ou National Novel Writing Month (devenu international depuis plusieurs années). Comme l'an passé, j'y participe. Pour ceux qui ne connaissent pas le principe, petit rappel. Chaque année, environ 300000 participants (chiffre en augmentation constante) tentent d'écrire un roman de 50000 mots minimum, de la première à la dernière ligne, en 30 jours, ce qui représente environ 1667 mots par jour. Pour gagner, il suffit de passer la barre des 50000 mots le 30 novembre au plus tard. Ainsi, mes congés sont posés sur presque tout le mois, mes amis et ma famille connaissent, soutiennent le projet et savent que je suis quasi-injoignable, mon mari est briefé et s'occupe d'à peu près tout à la maison (merci à lui !). 

(À ce stade, vous vous demandez sans doute pourquoi je vous raconte tout ça. Patience, vous allez comprendre.)

Les fondateurs du NaNoWriMo sont partis d'un constat simple : tout le monde ou presque veut écrire un roman, mais personne ou presque n'écrit de vrai roman. Les tiroirs des écrivains amateurs (et des autres aussi sans doute) sont remplis de premiers chapitres, révisés, re-révisés, puis oubliés. Mettre un point final à un premier jet, voilà l'enjeu. Bien sûr, les romans écrits lors du NaNoWriMo ne seront pas tous retravaillés et peu seront publiés. Cependant, un roman, même très mauvais, couché sur le papier, vaudra toujours mieux qu'un vague désir d'écrire.

(Et là, vous commencez à voir où je veux en venir, n'est-ce pas ?)

Les excuses sont nombreuses : "je n'ai pas d'inspiration" (bonne nouvelle, moi non plus. Aucun écrivain ayant publié un livre ne s'est assis à son bureau en attendant l'inspiration), "j'ai trop d'inspiration" (sérieusement ?), "j'attends le bon moment" (oui, mais tu peux aussi mourir avant que ce moment n'arrive) etc.

Il y a peu de temps, lors d'une rencontre, je m'étonnais du nombre de personnes qui aspiraient à "devenir païen" ou se disaient païen / sorcier / autre-appellation-de-votre-choix et ne pratiquaient pas. Ce que j'entendais ressemblait beaucoup aux excuses que je cite plus haut : "j'attends le bon moment", "je ne fais que lire pour le moment", "j'attends de trouver ma voie" etc.

Ce que j'aime avec ma spiritualité, c'est que tout est question de pratique (et de sexe, m'enfin...). Il ne s'agit pas d'écouter patiemment cet autre qui donne des bons conseils. Vous voulez communiquer avec La Déesse / Dieu / un esprit / un guide / les fées, etc ? Allez-y. Là, maintenant, tout de suite. Appelez qui vous voulez et parlez. Communiquer avec les Dieux est notre droit naturel. Vous voulez apprendre à tirer les cartes ? Arrêtez les livres qui vous promettent "tout sur le Tarot", procurez-vous votre propre jeu et pratiquez. Rien ne remplacera l'expérience. Bien sûr, on risque de faire des erreurs et il faut prendre un minimum de précaution, mais rien ne remplacera jamais l'expérience. Mes quelques connaissances sur le vaudou, par exemple, me viennent bien sûr de mes lectures, mais surtout de ma communication directe avec Legba / Eshu. J'évoque le vaudou ici car le travail direct avec les esprits est fondamental dans ce système, mais on peut étendre ce raisonnement à d'autres traditions. Je n'ai pas compris les sabbats avant de les avoir célébrer. Je ne savais que peu sur Dionysos avant de travailler avec lui (intensément, il est vrai, mais n'est-ce pas toujours le cas avec lui ?).

La manifestation est pour moi un concept clé de la sorcellerie. Pour T. Thorn Coyle, il s'agit du cinquième pouvoir du Sphinx, après Savoir, Vouloir, Oser et Se taire. Il est temps de se mettre au travail, de s'installer à son bureau ou son autel, de pratiquer et d'attendre des résultats. La vie est votre propre laboratoire. Expérimentez et voyez ce qu'il se passe.

Je ne sais pas comment on écrit un roman. Je ne connais pas les règles du jeu et je crois au fond de moi qu'il n'y en a pas. Pourtant, cette année encore, je compte bien mettre un point final à ce premier jet.

Et comme dirait un NaNoteur : Let's kick some litterary ass !

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