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mercredi 12 février 2014

Choisir et s'engager

Tu es là, tranquille, à humer les petites fleurs, à tirer sur ton joint ou à comater devant Les Ch'tis à Mykonos, quand le bonheur (ou tout autre animal sauvage) apparaît et te saute au visage. Et là, tu fais quoi ?

"Pourquoi prétendre que je doive choisir ? C'est mon existence qui me choisit, petit à petit" écrit Pascal Lainé. Il n'a pas tort. Combien de fois ai-je eu le sentiment que je ne choisissais rien, que je n'étais que le spectateur de ma propre vie, pendant qu'un dieu (au mieux), un homme politique, un supérieur hiérarchique, un pervers ou un membre de ma famille (au pire) décidait pour moi ?

J'ai toujours été très influencé par les spiritualités orientales. "Inch'Allah" disent les musulmans. "Laisse-toi glisser et ne lutte pas contre le courant" affirment les bouddhistes. Alors quoi ? Il s'agit de ne pas choisir et de juste se laisser porter ? J'ai longtemps eu du mal avec cette idée, avant de me faire à l'évidence. Et si j'avais mal compris ? Ce que je prenais pour un renoncement passif n'en est peut-être pas un. Au contraire, choisir d'aller dans le sens du courant, de glisser sur les événements et de persévérer peut devenir un acte sorcier absolument redoutable.

Ma version discordienne de ce lâcher-prise volontaire implique évidement Helena Bonham Carter.

Slide !


Ainsi, le premier acte magique de ma journée consiste à sortir de mon lit. Je peux choisir de maudire le réveil, ma supérieure pour m'avoir imposer des horaires si difficiles, ou je peux me lever et m'engager dans ma journée. Je peux noyer mon chagrin dans l'alcool ou me prendre une cuite festive en dansant avec Dionysos. Les événements seront les mêmes, mais l'intention... Ah l'intention !

Choisir, c'est aussi se mettre au travail. Par exemple, je ne crois que je doive pratiquer quotidiennement en dépit du chaos, mais au beau milieu du chaos et avec le chaos. Je ne suis pas loin de réécrire l'histoire des citrons et de la limonade, mais l'idée est la même.




Choisir et s'engager. Mobiliser sa volonté. Ce "simple" changement d'état d'esprit me fait généralement complètement basculé de la vie mondaine à la vie sacrée (qui sont une et même vie, mais c'est un autre sujet). Je me redresse dans mon fauteuil, mobilise mon ventre et me centre. Je m'engage dans l'instant T. Bien sûr, ma chef sera toujours aussi détestable, mon réveil sonnera toujours aussi tôt et les petits animaux sauvage (ou le bonheur, c'est selon) continueront à me sauter au visage, mais je serai prêt à les recevoir.


Oya

Alors que j'écris ces mots, je pense à Oya et ressens sa présence. Dans la mythologie Yoruba, elle est l'Orisha de la foudre, des orages et des tempêtes. Si une Déesse peut nous apprendre la force de la volonté et le pouvoir de l'engagement, c'est bien elle.


"Je travaille dans les profondeurs
Toujours présente
Toujours en mouvement
Je travaille de manière dramatique
Avec le tonnerre et l'éclair
Balayant et déracinant
Je travaille en subtilité
Poussant et guidant
Usant et déchirant
Je te fais tourbillonner, te fais tournoyer
Je t'éclabousse et te disperse
Je te choque et te bascule
Je dégage le chemin pour ce qui est à venir
Je peux être légère ou extraordinaire
Être éphémère ou rester longtemps
Tumultueuse ou révoltée
Ce que je ne peux être, c'est ignorée."



Texte de Marashinsky Amy Sophia. The Goddess Oracle: A Way to Wholeness through the Goddess and Ritual, traduit et adapté par moi-même.

2 commentaires:

  1. Instant T <3 Mais attention aux petits animaux sauvages ^^

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  2. Ou pas.
    "Glisse avec les petits animaux sauvages!"

    Bliss! Ça glisse, au pays des merveilles!

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