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samedi 28 mars 2015

Ethique sorcière : Quand intervenir ?

Comme tout questionnement éthique, cet article n'a pas pour but de donner des réponses définitives et est issu de ma propre réflexion (qui vaut ce qu'elle vaut).


Granny Weatherwax rules !


Dans mon monde, la magie est puissante et active. Elle me transforme, m'élève, me permet de devenir la meilleure version de moi-même. Elle fait partie de mon quotidien. J'y ai recours sans hésitation lorsqu'il s'agit de soigner un petit bobo, lorsque j'ai besoin d'éloquence avant une intervention publique ou pour invoquer de bonnes influences face à une situation épineuse. Dans ces situations et dans beaucoup d'autres, je ne me pose pas la question de la pertinence de l'intervention sorcière. Je suis sorcier, je réagis en tant que tel. Les sorts mentionnés n'engagent d'ailleurs que moi, alors pourquoi ne pas utiliser les compétences que j'ai développées ? Si ma collègue arrive à dompter notre boss grâce à ses talents de diplomate et ses stratégies d'adaptation, pour ma part, je me débarrasse de la chefferie à coup de poudre "Hot Foot"ou de prières à  Eris. Chacun ses outils !


La question reste cependant entière lorsque je ne suis qu'en partie concerné par la situation, voire pas du tout. Les histoires des autres ne m’intéressent pas, en général. Chacun vit sa vie et fait comme il peut avec ses moyens. Je tire les cartes et les runes quand on me le demande et tente d'être de bon conseil. Je propose bien volontiers mes services de praticien (débutant) de Reiki ou canalise des énergies de guérison si besoin. Mes interventions sorcières dans la vie des autres se limitent à peu près à ces quelques éléments et se font toujours sur demande des personnes concernées.


C'est bien joli tout ça, mais c'est purement théorique.


En pratique, les gens peuvent souffrir, se perdre, et être complètement incapables de demander de l'aide. Pire encore, certains s'auto-détruisent plus ou moins consciemment et ne vous demandent rien tant ils ont la tête dans le guidon et prétendent être satisfaits de la situation. En effet, je pourrais continuer à me dire que chacun trace sa propre route, me rappeler à quel point le libre-arbitre est une notion que je chéris et regarder tout ce petit monde faire absolument n'importe quoi. Je déteste être un simple spectateur impuissant et je me sens obligé de "faire quelque chose" (ma formation d'infirmier a contribué à renforcer ce sentiment). Mes frustrations ne sont pourtant pas au centre de cette réflexion.  Si je ne faisais rien, éthiquement ne serais-je pas autant condamnable que si je fourrais mon nez partout ? Voire plus ?


Je peux faire beaucoup de parallèles avec ma profession d'infirmier ici. Le choix de mes patients est toujours respecté, lorsque son jugement est libre et éclairé, qu'il est conscient et qu'il ne représente pas un danger imminent pour lui-même ou ses proches. La notion de jugement "libre et éclairé" est fondamentale et sujette à beaucoup de discussion. Plusieurs polémiques enflent régulièrement à ce propos. Prenons l'exemple souvent utilisé de la toxicomanie. Le jugement d'une personne dépendante à une substance est-il libre et éclairé ? Après tout, s'il ne veut pas être aidé et veut se détruire dans sa relation vampirisante avec un produit toxique, c'est son problème, non ? Alors, quoi ? Il s'agit de rester les bras croisés, d'assister au spectacle sans même essayer ?


Je ne suis pas d'accord.


Ainsi, sous certaines conditions seulement, je continuerai de me mêler de ce qui ne me regarde pas. Parce que je ne pourrai jamais tolérer que quelqu'un s'en prenne à mes proches. Parce que je ne pourrai jamais rester insensible face à la douleur. Ainsi, si certains ont un réel don pour la manipulation et la perfidie et n'hésitent pas à les employer pour arriver à leurs fins, j’estime pouvoir user de sorcellerie pour leur envoyer une réponse adaptée. Comme écrit plus haut, chacun ses outils...

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