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samedi 25 avril 2015

L'archétype discordien d'Eva Green - Une autre approche de la Mère

"Tu ne vaux pas mieux qu'Eva Green, dans Dark Shadows !" m'a un jour lancé un ancien amant, convaincu que j'utilisais la sorcellerie pour le récupérer (quelle idée ! mes intentions étaient bien plus fourbes que cela...) (non, il n'était pas très malin) (non, je ne vous parlerais pas de lui, n'insistez pas!). Il n'imaginait pas le compliment qu'il me faisait alors, ni les réflexions que cela susciterait...





Je m'étonne parfois de la réduction des trois aspects traditionnels de la Déesse (à savoir la Jeune Fille, la Mère et la Vieille Femme) à une simple correspondance avec la biologie féminine. En plus d'être pauvre spirituellement, cette approche réduit la femme à un utérus qui ne peut pas encore (la Jeune Fille), peut (la Mère), ou ne peut plus (la Vieille Femme) porter d'enfant. Dans notre société, on ne pourra pas se contenter des images d’Épinal de la Jeune Fille vierge et innocente ou de la Vieille Femme totalement asexuée (c'est bien connu, nos aînés ne couchent plus). 


Ce sont probablement les représentations traditionnelles de la Mère qui me posent le plus de problèmes. D'abord parce qu'elles ne correspondent pas à mon ressenti, à ma propre expérience du divin. Quand je voyage vers la Mère, que je l'invoque, je ressens cet amour inconditionnel auquel elle est souvent réduite, mais je ressens aussi bien d'autres choses qu'on associe peu à l'image de la maman parfaite dans notre société. Ensuite, ces représentations ne correspondent pas non plus à cette réalité historique dans laquelle on tente souvent de les fourrer. Encore une fois, non, nos "ancêtres" ne pratiquaient pas du tout comme nous le faisons et nos perceptions des Dieux sont, que nous le voulions ou pas, très contemporaines. Au final, j'ai l'impression que l'on fait de la Mère un calque de la mère "idéale", celle qui n'a jamais existé, celle qui élève ses enfants dans la joie la plus totale, affichant un petit sourire permanent, qui aime sans condition, même quand ses gamins lui crachent à la gueule...


C'est là qu'intervient Eva Green.


A l'image de la Mère, certains auteurs dianiques préfèrent l'image de l'Enchanteresse, une femme forte, créative et féconde d'idées. Nous sortons de la représentation purement biologique. La Mère, ce n'est pas forcément celle qui a beaucoup d'enfants ; c'est aussi celle qui crée et prend le pouvoir. J'aimerais aller un peu plus loin. La Mère, c'est Eva Green, dans Dark Shadows.


La Jeune Fille a grandi et est devenue la Femme Fatale. Elle assume ses courbes et sait les mettre en valeur. Forte de son pouvoir, elle assume tout ce qu'elle fait et se donne les moyens de réussir. Elle ne laisse personne se dresser sur le chemin vers son Désir. Elle est pleine en elle-même, libre, indépendante et forte. Ma Mère, c'est aussi celle qui lance : "Hello bitches..." quand elle entre dans un club (dont elle est probablement propriétaire). C'est celle qui plaque son amant contre un mur pour lui rouler une galoche, parce qu'elle a bien compris que, si elle attend qu'il fasse le premier pas, elle n'est pas couchée. Sexe, force et puissance sont les cadeaux de la Déesse Mère. Amour inconditionnel ? Oui, elle t'aime la Déesse Eva Green, mais surveille ton comportement et garde tes mains dans tes poches si tu ne veux pas avoir d'embrouille.  La magie, elle en connait un rayon, pas autant que Mémé, à qui elle demande des conseils, mais elle maîtrise.  Elle a enfin les moyens nécessaires pour s'acheter des Louboutins et l'expérience pour ne pas se casser la figure du haut de ses dix centimètres de talons.


En résumé, ma Mère, elle a le swag.




Bye, bitches !



(Hé, Maxime ! Tu t'es pris pour Johnny Depp ? Va falloir revoir ta copie...)

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