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lundi 27 avril 2015

Vulgaire !

Un récent débat sur des comportements jugés vulgaires m'a interrogé sur l'attitude que nous adoptons face aux Dieux et au sacré. Un de mes ouvrages de référence étant le Principa Discordia, dont la quatrième édition est sous-titrée Comment j'ai trouvé la Déesse et ce que je lui ai fais quand je l'ai trouvée, vous imaginez bien ce que je pense du sujet...




Tout d'abord, qu'est-ce que le vulgaire ? (oui, je sors mon dictionnaire latin et je vous dis merde !) Vulgaris, c'est ce qui appartient au peuple, à la foule. C'est l'habituel, le banal. La langue française a ajouté la notion de grossièreté bien après.


Un premier problème se pose : quelle est la limite entre ce qui est vulgaire (au sens de trivial) et ce qui est sacré ? Nombreux sont ceux qui ne se consacrent au sacré qu'un jour, qu'une heure par semaine, et qui en profite pour sortir leur plus beaux vêtements. On s'endimanche. Ce concept m'a toujours paru un peu étrange, parce que, si Dieu est omniscient, il te voit à poil sous la douche. Dans ma façon d'aborder la spiritualité, le sacré est partout, quotidien. Je trébuche dessus quand je me lève le matin. La Déesse Mère m'observe trier mes chaussettes. Je me cure le nez devant... Bref, vous avez compris l'idée. Ainsi, les Dieux savent déjà que je dis plein de gros mots et que je suis un méchant garçon. Pourquoi essayer de leur cacher quand je viens consciemment à eux ? Rappelons-nous que si les grecs participaient aux Mystères habillés comme ils l'étaient, c'était parce qu'il s'agissait de la mode de l'époque. Donc je peux très bien me pointer en jeans à un rituel. Ou en slip. Ou en boxer Andrew Christian.


Petit intermède Andrew Christian...




... Ouais, hein ?


Bref...


Ensuite, ma définition de ce qui est vulgaire (au sens de grossier) n'est pas forcément la vôtre. Me balader la quéquette à l'air est beaucoup moins grossier selon moi que de m'ignorer parce que j'ai la réputation d'être vulgaire.


Et puis, pourquoi, d'abord ? Pourquoi ne puis-je pas dire "bite" si je vois une bite, même dans un contexte rituellique ? Parce que nos ancêtres ne juraient pas ? Que les divins sont au-dessus de ça ? Ah ben voilà autre chose... Les Dieux païens sont pour beaucoup des petits coquinous en puissance, qui baisaient à tour de bras, s'engueulaient les uns les autres, se balançaient des pommes d'or dans la gueule... Il suffit de jeter un coup d’œil à la Lokasenna, un des quelques textes qui nous permettent d'appréhender la mythologie nordique, pour découvrir Loki en train de traiter qui de sodomite, qui de putain... Aphrodite ne jouait pas aux cartes avec Arès et les faunes ne sont pas folichons...


La peur respectueuse qui peut être adoptée en invoquant les Dieux ne doit pas devenir une règle morale fondamentale. Ce concept me semble surtout emprunté aux religions monothéistes. Certaines divinités, en effet, ne me semble pouvoir être approchées qu'avec cette attitude-là. Je n'invoquerais pas Dionysos de la même manière qu'Héra. Au final, c'est avant tout une question dépendante de la relation que l'on entretient avec la divinité que l'on invoque. Je suis tout à fait à l'aise avec les bites et les couilles (et beaucoup sont à l'aise avec moi *wink* *wink*) ; je ne vois donc pas pourquoi je les nommerai autrement, aussi sacrées soient-elles.


La question du respect se pose. Peut-on être respectueux en étant grossier ? Qu'en pense vos amis, avec qui votre attitude est détendue ? Et vous-même ? Je n'ai pas l'impression de ne pas me respecter parce que j'utilise des gros mots. Ma conduite envers mes proches est toujours teintée de respect.. Par exemple, baiser sans respect me parait totalement contre-indiquer. La levrette, oui, mais avec classe ! 


En bref, laissez-moi être grossier...


Bordel de merde.

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