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jeudi 16 juillet 2015

Folleterre 2015 - L'Appel de Pan (Deuxième partie)


"Horned God", par Scott K. Smith



Durant les prochains jours, notre tribu de seize fées explore les quatre éléments et leurs manifestations dans la nature environnante. Chacun d'entre nous apporte sa pierre à l'édifice. Les pratiques, capacités et connaissances de chacun se mêlent et renforcent la tribu. En tant que prêtre de la Déesse, j'invoque la Mère pour nous guider durant ce périple.


Le premier jour, nous travaillons avec l'Air. Silencieusement, nous nous rendons au rocher de méditation et marchons dans le ciel. Le soir venu, nous dansons autour du feu, chantons et jouons du tambour. Le deuxième jour, le jour de la Terre, nous renforçons le sentiment d'appartenance à la tribu et communions avec la forêt de Folleterre. La chaleur aidant, je me débarrasse de mes dernières inhibitions à mesure que mes vêtements tombent. "We are One tribe !" nous exclamons-nous sous le soleil. Le jour de l'Eau, nous nous baignons dans le lac et devenons de véritables nymphes. Les émotions font surface et nous échangeons librement, avec toujours ce même amour inconditionnel que nous portons aux autres membres de la tribu. Le jour de Feu est aussi le jour de la Pleine Lune. Alors que nous nous laissons purifier par le feu, nous dansons, nous unissons à Pan et célébrons dans la joie et la douce extase de notre transe.


La présence de Pan se fait sentir rapidement. Je ne retrouve pas l'image violente et machiste que j'avais du dieu sauvage. J'aperçois un dieu plus coloré, plus joyeux, presque enfantin. Une énergie sensuelle, voire sexuelle, se fait bientôt sentir. 


Pan contribue à me libérer de mes chaînes. Il me montre que le regard le plus violent posé sur moi est le mien. Je me débarrasse de ma réserve et de ma timidité. Sans honte et en parfaite confiance, je me mets à nu, au sens propre comme au figuré. Je renoue avec mon enveloppe charnelle, que j'avais appris à détester. A Folleterre, mon corps est glorifié dans son unicité. Je me sens beau et parfait dans mes imperfections. Nous nous embrassons, nous blottissons, nous caressons, nous enlaçons, rendant grâce aux magnifiques corps que nous habitons.


Si Pan est parfois représenté comme le violeur des nymphes, il me faut aussi faire face à cette part obscure du dieu sauvage. Poser des mots. Partager ce qui est écrit sur mon corps ou dans la psyché de l'enfant que j'étais à sept ans. Et me débarrasser de cette vieille histoire que je n'ai plus à porter.


"Thrill with lissome lust of the light,
O man ! My man !
Come careering out of the night
Of Pan ! Io Pan .
Io Pan ! Io Pan ! Come over the sea
From Sicily and from Arcady !
Roaming as Bacchus, with fauns and pards
And nymphs and styrs for thy guards,
On a milk-white ass, come over the sea
To me, to me,
Come with Apollo in bridal dress
(Spheperdess and pythoness)
Come with Artemis, silken shod,
And wash thy white thigh, beautiful God,
In the moon, of the woods, on the marble mount,
The dimpled dawn of of the amber fount !
Dip the purple of passionate prayer
In the crimson shrine, the scarlet snare,
The soul that startles in eyes of blue
To watch thy wantoness weeping through
The tangled grove, the gnarled bole
Of the living tree that is spirit and soul
And body and brain -come over the sea,
(Io Pan ! Io Pan !)
Devil or god, to me, to me,
My man ! my man !
Come with trumpets sounding shrill
Over the hill !
Come with drums low muttering
From the spring !
Come with flute and come with pipe !
Am I not ripe ?
I, who wait and writhe and wrestle
With air that hath no boughs to nestle
My body, weary of empty clasp,
Strong as a lion, and sharp as an asp-
Come, O come !
I am numb
With the lonely lust of devildom.
Thrust the sword through the galling fetter,
All devourer, all begetter;
Give me the sign of the Open Eye
And the token erect of thorny thigh
And the word of madness and mystery,
O pan ! Io Pan !
Io Pan ! Io Pan ! Pan Pan ! Pan,
I am a man:
Do as thou wilt, as a great god can,
O Pan ! Io Pan !
Io pan ! Io Pan Pan ! Iam awake
In the grip of the snake.
The eagle slashes with beak and claw;
The gods withdraw:
The great beasts come, Io Pan ! I am borne
To death on the horn
Of the Unicorn.
I am Pan ! Io Pan ! Io Pan Pan ! Pan !
I am thy mate, I am thy man,
Goat of thy flock, I am gold , I am god,
Flesh to thy bone, flower to thy rod.
With hoofs of steel I race on the rocks
Through solstice stubborn to equinox.
And I rave; and I rape and I rip and I rend
Everlasting, world without end.
Mannikin, maiden, maenad, man,
In the might of Pan.
Io Pan ! Io Pan Pan ! Pan ! Io Pan !"

Aleister Crowley



2 commentaires:

  1. C'est beau, j'en ai les larmes aux yeux. D'une certaine manière j'ai l'impression d'avoir vécu un peu la même initiation récemment, en laissant derrière moi des oripeaux dégueulasses que je traînais depuis bien trop longtemps. Merci pour ce partage :) Io Pan !

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  2. Merci pour ce beau partage à la fois humble et puissant, vibrant et fragile.

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