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samedi 10 octobre 2015

La communauté, ma communauté et le bordel cosmique




J'ai participé à plusieurs workshops à l'étranger et me suis à chaque fois aperçu du décalage qu'il existait avec notre vision très française de la "communauté". Mon amie anglaise R, par exemple, planifie déjà ses prochaines vacances d'été pour se rendre à un camp qui rassemble quelques centaines de païens chaque année. T. organise un rituel publique pour Samhain, en Californie. Si la "communauté païenne" est particulièrement active dans les pays anglophones, en France, j'ai du mal à ne serait-ce qu'identifier cette communauté. 



Et d'abord, quelle communauté ? Derrière le mot "païen" se cache tout et n'importe quoi. Evidemment, la spiritualité est affaire de chacun et le Divin se manifeste sous de multiples formes. C'est déjà un challenge en soi pour construire une communauté. Pour ma part, je préfère voir des richesses et des occasions d'apprendre, là où certains voient des différences inconciliables. Mon plus gros défi est donc ailleurs. Dans le paysage français et allemand, le mot "païen" est souvent squatté par des idéologies nauséabondes de "défense culturelle" et autres conneries dans ce genre. Plusieurs rencontres auxquelles j'ai participé ont attiré des païens identitaires de tout poil, qui m'ont rapidement gavé. Entre ceux qui veulent me donner des leçons parce qu'ils ont lu UN livre et ceux qui créent des sigils pour défendre la pureté de leur race, je n'ai pas vraiment trouvé ma place. Peu à peu, je me suis retiré du jeu, parce que si je veux entendre ce genre de discours, il me suffit d'appeler mon crétin d'oncle qui vote FN. Du coup, je me fais traiter de bisounours ou de terroriste. Admirez la parfaite symbiose de ces deux insultes. Le groupe créé par Hédéra, Pour un paganisme humaniste et tolérant, est nécessaire pour une autre vision du paganisme français. Bref. La question reste entière : quelle communauté ?


Bisounours terroriste...


Et puis, pourquoi créer une communauté ? Je n'ai pas envie de revendiquer "un statut légal" à ma spiritualité, comme beaucoup le demandent, tout simplement parce que je vis dans un Etat laïque et que, par définition, toutes les religions sont légales tant qu'elles respectent la loi. De plus, je n'ai ni l'envie ni le besoin de faire de procès aux religions monothéistes, comme je le vois sur beaucoup de forums et de blogs. La communauté, selon moi, est un lieu d'échange, de partage, d'entraide même. La démarche de Babette, en créant le groupe News et liens païens, va dans ce sens et contribue à l’essor d'une communauté païenne telle que je l'imagine. Si les initiatives que je cite sont virtuelles, elles participent à la création de liens entre les individus. L'organisation des cafés et pique-niques païens qui ont eu lieu cet été a été possible grâce à ces groupes virtuels.


En réalité, je crois que je fonctionne mieux en "tribu" qu'en "communauté". Je pense à ma "tribu spirituelle", mon coven, ma tribu Folleterrienne. Je pense au milieu associatif, plutôt qu'à la "communauté gaie". Je pense à tous ces gens différents, qui m'entourent et font de moi la personne que je suis aujourd'hui. Probablement un des effets de mon statut de bisounours...

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