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samedi 28 novembre 2015

Le retour de Saturne


Tic. Toc. Tic. Toc. Tic. Toc.


Errer. 


Suivre les règles du jeu, parce qu'il n'y a que ça à faire et se brancher en mode automatique. Pour ne surtout pas réfléchir. 



Novembre fait ses ravages. Reality-check à toutes les étapes. S'il y a une clé quelque part pour ouvrir la porte vers l'ailleurs, j'ai l'impression de l'avoir paumée en cours de route. Mes idées libertaires et révolutionnaires se fracassent la gueule contre la paroi de la réalité.




Les autres savent, mieux que moi. Ou dorment avec plus de grâce, c'est selon. Pourquoi alors imaginer l'expansion ? Il suffit d'imiter, de répondre aux codes, et tout se passera bien. Qui a-t-il de mal finalement à se couler dans ce moule qui fait des miracles pour tous ces gens ? Au pire, je boufferai des anti-dep'. Le mec de la pub a l'air tellement cool !


Tic. Toc. Tic. Toc. Tic. Toc.


Reality-check.


Voilà ma vie maintenant. Je n'ai plus qu'à attendre la retraite. Ou la fin du monde, cet autre phantasme qu'un jour, quelqu'un, quelque part, arrêtera le jeu et demandera à tout le monde de poser les cartes sur la table. La chose est sans cesse annoncée, sans cesse décalée, et nous oblige à vivre avec les conséquences de nos propres actes. Il n'y aura pas de trompette sonnant l'hallali final. Il n'y a que la vie. L'Apocalypse est bien trop facile et sa pyrotechnie trop coûteuse. Au final, un spectacle décevant, qui tombe à plat et n'apprend rien à personne.


Croire trouver son maître et ne trouver que le Trickster.




Tic. Toc. Tic. Toc. Tic. Toc.


Dormir. Rêver. Ne plus savoir vraiment où est le songe. Tenter de raconter ce que je vois. Raconter des histoires devient la chose la plus importante au monde.


Et soudain, au détour d'une phrase, d'un mot anodin, balancé là par quelqu'un d'autre, ou par moi peut-être, flirter avec la grâce. Un rai de lumière, peut-être, qui traverse ma fenêtre. Ou le ronronnement d'un chat, qui entrouvre l'Univers. Une petite voix insistante qui me dit que la réalité est la chose la plus fragile au monde et que la clé du bordel cosmique, on s'en cogne un peu.


Se rappeler que nous sommes des effractions de la réalité.


Des vestales discordiennes.


Tic. Toc. Tic. Toc. Tic. Toc.

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